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En 1834 il y a eu le premier « piratage » dans le réseau télégraphique de Chappe en France.

En 1834 il y a eu le premier « piratage » dans le réseau télégraphique de Chappe en France.

Les premiers « hackers » du monde sont les frères Louis et François Blanc, bordelais, qui se sont beaucoup enrichis en deux ans grâce à l’investissement dans les actions à la Bourse de Bordeaux entre 1834 et 1836.  Malheureusement cette richesse provenait du fait qu’ils connaissent avant les autres les variations des cours de la Bourse de Paris grâce à la complicité de fonctionnaires du service télégraphique. Ces manipulations via le télégraphe aérien de l’État ont été mis au jour en 1836. Notons qu’à cette date le cours de la bourse de Paris était transmis à Bordeaux par la poste en trois jours, alors que les deux frères bordelais peuvent les avoir en quelques heures via le réseau de télégraphie de Chappe avec la complicité des fonctionnaires de l’Etat.

Bourse de Paris en 1936

Ce piratage est un détournement du réseau de télégraphie aérien ou optique français réalisé par ces deux hommes d’affaires bordelais, Louis et François Blanc, entre 1834 et 1836, afin de connaître avant tout le monde la clôture des cours à la Bourse de Paris. Le piratage a été rendu possible par la corruption d’un agent télégraphique qui ajoutait discrètement le chiffre du cours aux messages envoyés par la télégraphie de Chappe. La divulgation de cette manœuvre a contribué au vote de la loi de 1837 sur le monopole public des communications télégraphiques. Il s’agit d’un des premiers cas de hacking exploitant une faille structurelle dans un réseau de télécommunications de l’époque.

L’une des stations du télégraphe de Chappe en France

Au mois de mai 1836 une enquête a été menée. Ainsi on découvre que des employés s’arrangeaient pour introduire un faux signal dans la première dépêche qu’il avait à transmettre sur la ligne de Bordeaux, et qu’aussitôt après il indiquait : erreur. Mais le faux signal n’en parcourait pas moins sa route forcée, était répété de station en station, allait à fond de ligne, c’est-à-dire jusqu’à Bordeaux, où le directeur le rectifiait, corrigeait la dépêche fautive et empêchait qu’elle ne parvînt plus loin avec cette indication parasite et inutile. La fraude partait de Tours pour aboutir à Bordeaux. Avec le point de départ et le point d’arrivée, la police judiciaire avait entre les mains de quoi découvrir la vérité.

Selon la valorisation boursière à Paris on envoie un message bien indiqué que les stationnaires de la station télégraphe communiquaient aux frères Blanc. Ceux-ci, connaissant vingt-quatre heures à l’avance la cote de Paris, étaient maîtres du marché et faisaient d’importants bénéfices. Ces stationnaires furent arrêtés et emprisonnés en août 1836.

Par Youssef Diop

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