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L’interconnexion IP pour la terminaison des appels dans les réseaux télécoms.

L’interconnexion IP pour la terminaison des appels dans les réseaux télécoms.

Aujourd’hui, la majorité des opérateurs télécoms ont adopté la technologie IP dans leurs réseaux télécoms. Et le protocole dit SIP,  (Session Initiation Protocol), qui est un protocole standard ouvert permettant la gestion de sessions utilisées dans les différentes communications dans les réseaux IP constitue la partie vitale de l’interfonctionnement des réseaux IP. Ce protocole remplace en quelque sorte la signalisation CCITT N°7, signalisation qui était la base de l’interconnexion en commutation de circuit ou interconnexion TDM « Time Division Multiplexing» dans les réseaux mobiles GSM et 3G. Le protocole SIP est opérationnel depuis déjà plusieurs années pour le développement de divers services avancés sur les réseaux dits IP. Tous les opérateurs télécoms se préparent à ce nouveau paradigme qui est l’interconnexion IP et particulièrement pour les terminaisons d’appels vocaux dans les réseaux télécoms fixes et mobiles. La plupart des opérateurs européens ayant investi dans les réseaux télécoms IP et déclarés puissants, ont déjà conçu des catalogues d’interconnexion IP pour la terminaison des appels vocaux dans les réseaux télécoms fixes et mobiles. La mise en place de l’interconnexion IP exige aussi la mise en place de nouveaux dispositifs de régulation. En effet, l’analyse des catalogues d’interconnexion IP est un peu différente de celle appliquée au catalogue de l’interconnexion classique ou TDM. Ces nouveaux procédés d’analyses ont déjà été adoptés en Europe, notamment en France. L’implémentation de l’interconnexion IP aura pour effet la mise en place de programme de formation chez les opérateurs, mais aussi chez les régulateurs. Des entreprises spécialisées existent d’ores et déjà sur le marché international des télécoms pour accompagner les acteurs télécoms, particulièrement sur la terminaison des appels voix.

En France et suite à l’approbation du régulateur, de nouveaux catalogues intégrant l’interconnexion IP, notamment celle concernant la terminaison des appels voix, sont aujourd’hui proposés par les opérateurs télécoms. Dans certains pays on a même établi des délais pour arrêter la publication des catalogues d’interconnexion classiques basés sur la commutation de circuit ou TDM. Si en France le 1er janvier 2017 a été fixé comme date à laquelle les commandes en interconnexion circuit seront arrêtées, au Maroc les opérateurs sont dans une phase de préparation en vue d’implémenter l’interconnexion IP pour la terminaison des appels. LTE Magazine a appris que les liens d’interconnexion IP pour la terminaison des appels entre les deux opérateurs télécoms Méditel et Inwi sont opérationnelles et les tests sont concluants. Par contre au Maroc aucun calendrier n’est encore fixé pour arrêter les commandes d’interconnexion classiques TDM.

L’une des raisons qui poussent à la mise en œuvre de l’interconnexion IP pour la terminaison des appels voix découle notamment d’une motivation économique. Comparé à l’interconnexion traditionnelle TDM, le coût de la minute de communication via l’interconnexion IP est relativement moins cher. Par ailleurs, l’interconnexion IP présente un intérêt significatif aujourd’hui car, d’une part, la qualité de service d’une communication IP est désormais reconnue comme équivalente à celle assurée par les réseaux classiques à base de commutation de circuit, et d’autre part, la technologie IP offre la possibilité de proposer aux usagers de nouveaux services. La transition imminente vers le tout IP est déjà une réalité en Europe, que ça soit pour les réseaux fixes ou mobiles sachant que les réseaux 4G sont à 100% IP. En France par exemple, une offre d’interconnexion IP pour la terminaison des appels vocaux existe déjà chez les opérateurs Orange, SFR et Bouygues Télécom. L’IP et le protocole SIP sont nécessaires pour la mise en place des architectures basées sur la technologie dite IMS « IP Multimedia Subsystems». Quant au concept SDN (Software Defined Network) déjà traité dans l’article évolution des réseaux télécoms au niveau de LTE Magazine N°7, il ne sera pas ouvert à l’interconnexion IP dans une première étape étant donné la complexité des liens logiques d’interconnexion IP.

Ce qui est des modalités techniques du fonctionnement de l’interconnexion IP pour les terminaisons, l’opérateur désigné pour offrir une interconnexion IP, qu’on dénommera opérateur Alpha pour la suite de l’article, déploie une architecture dédiée IP en vue d’assurer l’interfonctionnement de services à travers une interconnexion IP entre ses réseaux fixe et mobile et celui des autres opérateurs. L’opérateur Alpha organise cette interconnexion selon deux raccordements, l’un dit physique et un autre dit logique. Le raccordement physique du réseau d’un opérateur avec le réseau IP de l’opérateur Alpha est réalisé par l’intermédiaire de supports de transmission, dit liens de raccordement IP, entre des équipements dédiés placés respectivement sur les deux réseaux et assurant la fonction de routage d’interconnexion IP. Généralement les liens de raccordement sont connectés avec de la fibre optique pour permettre des débits de 1Gb/s ou 10 Gb/s. Quant au principe du raccordement logique de l’opérateur Alpha, il est basé sur le fait que cet opérateur met en place au sein de son réseau IP des Points Service IP (PSIP), spécifiques au service d’Interconnexion Voix IP, dont le rôle est d’assurer la concentration des Flux Media et Flux Signalisation remis par l’opérateur alternatif dans le réseau de l’opérateur Alpha. Le nombre total de sessions que peut commander un opérateur alternatif est généralement limité.

L’opérateur qui demande de l’interconnexion IP pour la terminaison est responsable du dimensionnement du raccordement logique aux Points de Services IP (PSIP) nécessaires pour écouler les communications qu’il livre. Ce dimensionnement correspond au nombre maximum de sessions initiées par l’opérateur qu’un Point de Service IP (PSIP) est susceptible de traiter simultanément. Ainsi l’opérateur Alpha fournit à l’opérateur demandeur des sessions. Le nombre maximum de sessions actives d’acheminement est généralement égal au nombre de communications simultanées possible à un instant T. Si l’opérateur alternatif envoie un volume de communications supérieur au nombre de sessions actives commandées, le volume excédentaire est rejeté au niveau du point de service. Concernant les conditions financières du raccordement physique de l’interconnexion IP, l’opérateur Alpha prévoit, dans le catalogue, la liste les prestations d’hébergement pour les équipements mais aussi le prix d’accès ou des redevances périodiques à payer pour les liens de raccordement. Dans l’interconnexion IP on ne parle plus de blocs numériques ou de signalisation S7 mais on ne parle que de lien en Gbits/s et du protocole SIP. Dans le cadre de cette interconnexion IP pour la terminaison des appels voix, on signale que les opérateurs peuvent assurer une facturation de la terminaison d’appel mobile ou fixe selon la durée ou en fonction de l’origine de l’appel. Enfin je tiens à préciser qu’en plus des documents de l’ARCEP France, d’Orange France et de SFR France, le «Rapport essentiel sur la téléphonie IP » élaboré par un groupe d’experts de  l’UIT-D, sous la présidence du feu M. Nabil Kisrawi à la demande de Hamadoun I. Touré l’ex secrétaire général de l’UIT,  m’a été d’une grande utilité.

Par Ahmed Khaouja, Consultant en Télécoms et TICs.

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