Vendredi , 24 novembre 2017
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L’innovation : Rôle & intérêts

L’innovation : Rôle & intérêts

Par Pr DAOUD Abdelaziz

Par Pr. Daoud Abdelaziz

Par Pr. Daoud Abdelaziz

L’Innovation est prise comme synonyme de produire, assimiler et exploiter avec succès la nouveauté dans les domaines économique et social. Elle offre des solutions inédites aux problèmes et permet ainsi, de répondre aux besoins des personnes et de la société. Les exemples abondent avec la mise au point de vaccins et de médicaments, une plus grande sécurité dans les transports, des communications plus faciles (téléphone mobile, vidéoconférence, etc. ….), un accès plus ouvert à la connaissance (multimédia), des méthodes de distribution nouvelles (banque à domicile), des conditions de travail moins pénibles, des techniques moins polluantes, des services publics plus performants, etc.….

Si l’on croit le dictionnaire, le contraire de l’innovation, c’est «  l’anarchie et la routine ». Voilà pourquoi l’innovation rencontre tant d’obstacles et se heurte à une si forte résistance. Voilà pourquoi aussi, développer et partager une culture de l’innovation devient un enjeu capital pour les sociétés dites évoluée

Innovation quel en est le rôle ?

Les rôles de l’innovation sont multiples.

En tant que force motrice, elle tire vers le haut les entreprises vers des objectifs ambitieux et à long terme. Elle conduit également, au renouvellement des structures industrielles et est à l’origine de nouveaux secteurs d’activité économique.

Schématiquement, l’innovation c’est :

  • Le renouvellement et l’élargissement de la gamme de produits et de services ainsi que des marchés associés.

  • La mise en place de nouvelles méthodes de production, d’approvisionnement et de distribution.

  • L’introduction de changement dans la gestion, dans l’organisation du travail ainsi que dans les conditions de travail et les qualifications des travailleurs.

Profil de l’entreprise innovante

L’entreprise innovante présente donc, un certain nombre de caractéristique qui peuvent être regroupées en deux grandes catégories de compétences, à savoir

            – Les compétences stratégiques :

  • Vision à long terme ;

  • Aptitude à identifier, voire à anticiper les tendances du marché ;

  • Volonté et capacité de collecter, de traiter et d’intégrer l’information technologique et économique.

    Les compétences organisationnelles :

  • Coût et maîtrise du risque ;

  • Coopération interne entre les différents départements fonctionnels et externes avec la recherche publique, les cabinets conseil, les clients et les fournisseurs ;

  • Implantation de l’ensemble de l’entreprise dans le processus de changement ;

  • Investissement dans les ressources humaines

Les facteurs clés de l’innovation :

La recherche, le développement et l’utilisation de nouvelles technologies, en mot le facteur technologique, sont des éléments clés de l’innovation.

Mais, ils ne sont pas les seuls. En effet, pour les incorporer, l’entreprise doit faire des efforts d’organisation en adaptant ses méthodes de production de gestion et de distribution.

L’innovation c’est le renouvellement et l’élargissement de la gamme de produits et de services ainsi que des marchés associés, la mise en place de nouvelles méthodes de production, d’approvisionnement et de distribution et l’introduction de changements dans la gestion, dans l’organisation du travail ainsi que dans les conditions de travail et les qualifications des travailleurs.

Les ressources humaines sont ainsi le facteur essentiel. La formation initiale et la formation continue jouent, à cet égard, un rôle de premier plan pour fournir les compétences de base nécessaires et les adapter continuellement.

Des nombreuses études et analyses montrent, en effet, qu’une main-d’œuvre qualifiée formée et sensibilisée contribue au renforcement de l’innovation.

La capacité d’associer, de façon accrue et dès le début, les travailleurs aux changements technologiques et à leurs conséquences sur l’organisation de la production et du travail est à considérer comme un facteur décisif.

Par ailleurs, il est à signaler qu’il n’y a pas de frontière étanche entre l’entreprise innovante et son environnement qui l’influence et auquel elle contribue à le transformer.

C’est l’ensemble des entreprises dans une industrie, le tissu des activités économiques et sociales dans une région ou même la société dans son ensemble, qui forment des « systèmes d’innovation » dont la dynamique est complexe.

La qualité  du système éducatif, le cadre réglementaire, normatif et fiscal, l’environnement concurrentiel et les partenaires de l’entreprise, la législation des brevets et de la propriété intellectuelle, l’infrastructure publique de recherche et de services de soutien sont autant de facteurs inhibants ou favorables.

Les composantes de l‘innovation technologique

La définition la plus récente de l’innovation technologique est celle du Manuel d’Oslo.

Cependant, il convient de préciser, à ce niveau, que l’innovation n’est pas synonyme de haute technologie, bien que celle- ci intervienne de plus en plus dans les équipements, les matériaux, les logiciels (technologie incorporée) et les méthodes.

En effet, une bonne partie des innovations découle de nouvelles combinaisons d’éléments connus (le magnétoscope, la planche à voile, par exemple) ou d’utilisations nouvelles (le baladeur), ou encore, de la créativité dans la conception.

Le  « design » est l’unité des composantes de l’investissement immatériel qui peut faire la différence notamment pour les produits « haut gamme »à cout élevé.

Néanmoins, la composante technologique est généralement présente, sinon déterminante, dans la création, la fabrication et la distribution des produits et services. Aussi, la maîtrise des compétences scientifiques et techniques est- elle essentielle à double titre :

  • Pour générer les avancées techniques : à cet égard, la création et le développement d’entreprises nouvelles de haute technologie est un atout important pour leur mise au point et leur diffusion.

  • Mais aussi pour comprendre et utiliser les technologies nouvelles, quelle que soit leur origine.

 L’innovation : un phénomène aux multiples facettes

Force est de consulter que le terme « innovation » comporte une certaine ambigüité : Dans le langage courant, il désigne à la fois un processus et son résultat. Selon la définition que propose l’OCDE dans son «  Manuel de Frascati ». Il s’agit de la transformation d’une idée en un produit ou service commercialisable, un procédé de fabrication ou de distribution opérationnel, nouveau ou amélioré ou encore une nouvelle méthode de service social. C’est le processus que l’on désigne ainsi. A l’inverse, quand on évoque par le mot « innovation » le produit, l’équipement, le service nouveau ou amélioré qui s’impose sur le marché, l’accent est mis sur le résultat du processus.

Cette ambigüité peut être source de confusion : quand on évoque la diffusion de l’innovation, fait-on référence à la diffusion du processus, c’est-à-dire des méthodes, des pratiques qui permettent d’innover ou bien à la diffusion des résultats, c’est-à-dire des produits nouveaux ? La différence est de taille.

Première approche : le processus d’innovation

Dans le premier ses du terne (processus d’innovation), on s’attache à la manière dont l’innovation est conçue et produite aux différentes étapes qui y conduisent (créativité, marketing, Recherche & Développement, conception, production et distribution) et à leurs articulations.

Il ne s’agit pas d’un processus linéaire, aux séquences bien délimitées et à l’enchainement automatique, mais plutôt d’un système d’interaction, d’allers-retours entre différentes fonctions et différents acteurs dont l’expérience, la connaissance et le savoir-faire se renforcent mutuellement et d’accumulent.

D’où l’importance de plus en plus grande prêtée dans la pratique aux mécanismes d’interaction internes à l’entreprise (collaboration entre les différentes unités, association et participation des salariés à l’innovation organisationnelle), mais aussi aux réseaux qui associent l’entreprise à son environnement (autres entreprises, services d’appui, centres de compétences, laboratoires de recherche, etc.…).

La relation avec les utilisateurs, la prise en compte de la demande exprimée, l’anticipation des besoins du marché et de la société revêtent une importance tout aussi grande, sinon plus, que la maitrise des technologies.

Deuxième approche : l’innovation comme résultat

Dans la seconde approche (l’innovation comme résultat), on s’attache au produit, au procédé ou au service nouveau.

On distingue alors l’innovation radicale ou de rupture (le lancement d’un nouveau vaccin, le disque compact) e l’innovation progressive qui modifie, par améliorations successives, les produits procédés ou services (par exemple l’introduction de microprocesseurs 32 bits à la place de ceux à 16 bits dans les équipements électroniques).

Notons que l’apparition de produits de procédés ou de services nouveaux peut se faire dans tous les secteurs d’activité traditionnels ou de pointe publics ou marchands industriels agricoles ou tertiaires.

L’innovation peut concerner aussi les services d’intérêt général : la santé publique, les procédures administratives, l’organisation de la poste ou de l’éducation publique. Elle est en grande partie tirée par l’évolution des comportements sociaux et des modes de vie qu’elle contribue à modifier en retour.

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