Mardi , 21 novembre 2017
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L’innovation est un levier de performance  (EMSI)

L’innovation est un levier de performance (EMSI)

Innover, c’est créer et développer de nouveaux produits et services, améliorer les fonctions de l’organisation, adopter les dernières technologies issues de la recherche externe ou interne à l’entreprise. Aujourd’hui, l’innovation est l’un des principaux moyens pour acquérir un avantage compétitif, en répondant aux besoins du marché. Certaines innovations réussissent dans certains pays pas toujours dans d’autres. L’innovation n’est pas l’invention. Selon L’OCDE, on peut définir l’innovation comme: l’ensemble des démarches scientifiques, technologiques, organisationnelles, qui aboutissent, ou sont censées aboutir, à la réalisation de produits ou de procédés technologiquement nouveaux ou améliorés, ou viser des avantages concurrentiels sur le marché. Il existe trois types d’innovation:

Il y a d’abord l’innovation dite « incrémentale » : c’est la démarche d’innovation visant à améliorer un produit, un service ou  les différents processus  existants dans les structures organisationnelles, en  vue d’améliorer la performance de l’entreprise.

 L’innovation incrémentale, qui constitue un levier de performance et qui peut concerner toutes les fonctions de l’entreprise. Par exemple, innover dans la manière de commercialiser un produit en vue d’augmenter le chiffre d’affaires et la rentabilité financière de l’entreprise. Viser la performance, signifie améliorer les résultats périodiques chiffrés de l’entreprise. La performance équivaut, dans le cas d’espèce, à un résultat chiffré que l’on mesure. On intègre, aussi, dans la performance les indicateurs mesurant la composante protection de l’environnement, comme la maitrise des déchets et des émissions de CO2.

Puis, il y a l’innovation dite « disruptive », qui vise à révolutionner la chaîne de valeurs. C’est une innovation consistant à révolutionner, par exemple, la chaine de commercialisation d’un produit. Exemple : par le passé on achetait la musique sur des supports magnétiques dans un supermarché, aujourd’hui, on achète de la musique via des applications sur smartphones telle ITunes.

Enfin, il y a l’innovation dite de « rupture » : Ce genre d’innovations, débouchent sur des produits entièrement nouveaux. Les innovations de rupture sont plutôt rares. Exemple, l’avènement des smartphones en 2008 grâce à l’entreprise Apple.

Dans le cadre de toutes ces innovations, les opérateurs télécoms doivent aussi agir pour survivre dans le cadre d’une concurrence de plus en plus dynamique. A cet effet, les opérateurs télécoms collaborent, de plus en plus, avec les startups pour développer de nouveaux services. Les startups sont connues pour leurs organisations flexibles avec un minimum de procédures et de hiérarchie. Car aujourd’hui, ce sont les plus rapides qui gagnent et non les plus grands. D’ailleurs, au congrès des mobiles, tenu à Barcelone fin février 2017, on a remarqué la présence de plusieurs startups à côté des grandes entreprises comme Mercédès ou Orange international. Dans les télécoms, innover, améliorer les réseaux et déployer de nouveaux services n’est pas une chose aisée. Car les opérateurs télécoms doivent rentabiliser les montants consacrés à la recherche dans les meilleurs délais. Surtout que la plupart des grands opérateurs consacrent plus de 10% de leurs chiffres d’affaires à la fonction recherche et développement. Or aujourd’hui, « l’innovation a changé », comme l’affirme M. Stéphane Richard, PDG d’Orange international. Il ajoute  que « l’innovation est le fruit d’un enchevêtrement complexe de contributions provenant de multiples sociétés, le plus souvent de startups agiles et parfois éphémères, « aplatissant » ainsi un processus d’innovation auparavant très hiérarchique et codifié ». Dans ce cadre le groupe Orange a récemment créé un cadre pour l’innovation « Orange Gardens », situé à Châtillon, aux portes de Paris. Ce centre rassemble plus de 3000 collaborateurs, issus de 7 sites en France, exerçant leur activité dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

Au Maroc, pour améliorer le classement en matière d’innovation, le temps est venu pour encourager l’émergence de plus en plus de startups. Mais leur développement exige un changement au niveau des mentalités des managers marocains, tant au niveau du privé qu’au niveau de l’administration !

Les startups, par leur capacité d’adaptation et de souplesse, peuvent contribuer,  à la croissance et à la création d’emploi et surtout à l’amélioration de l’administration. Même si l’innovation dans celle-ci n’est pas chose facile dans le cadre des procédures actuelles. En effet, l’esprit de startups ne peut pas fonctionner aujourd’hui dans le monde de l’administration au Maroc, étant donné les contraintes des procédures ! Un exemple pour illustrer l’administration, en moyenne une dizaine de fonctionnaires interviennent dans la décision et dans la préparation de la mission d’un cadre voulant aller vers un congrès mondial !!! Alors que chez Cisco, par exemple, ce chiffre est égal à zéro employé. Chez Cisco, on donne à un ingénieur une carte bancaire et c’est à lui de juger  de l’opportunité d’effectuer ou pas la mission de participation dans un congrès ! Un autre exemple intéressant, chez les géants de l’internet on peut acheter une innovation venant de sortir sur le marché en un à deux jours ! Actuellement, selon Boston Consulting Group, le Maroc est placé à la 70ème position en matière d’Innovation.

Quant à la relation entre régulation et innovation : on peut dire qu’à, première vue, que la régulation et l’innovation, semblent se contredire. La régulation, à l’instar de toutes les règles, se veut  stable dans le temps, alors que l’innovation,  est par principe imprévisible dans le temps. Le régulateur ne peut  pas se substituer  aux opérateurs  sur quelles technologies adopter ou quels usages inventer. Par contre,  le régulateur  peut agir pour  créer les conditions les plus favorables à la créativité. Le régulateur joue le rôle de facilitateur de l’innovation à travers l’organisation de forums, l’organisation de groupes de travail, la publication de bonnes pratiques ou à travers des consultations publiques. Le régulateur ne doit pas constituer une barrière pour l’innovation technologique et commerciale. Les consommateurs sont relativement plus satisfaits dans le cadre d’un marché où il y a compétition entre opérateurs. Mais une régulation favorable à l’innovation doit encourager une concurrence « optimale ». La concurrence constitue le meilleur levier pour améliorer le rapport qualité prix des produits et des services, offerts aux clients et traduit un moteur de l’innovation sur les différents segments d’activités.

Par Youssef Diop, consultant TIC.  

 

Vidéo sur Orange Gardens ou le campus de l’innovation Orange

 

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