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« L’entreprenariat social dans le secteur des TIC au service du progrès social» : Thème de la journée mondiale de la Société de l’information 2016.

« L’entreprenariat social dans le secteur des TIC au service du progrès social» : Thème de la journée mondiale de la Société de l’information 2016.

Pour commémorer la journée mondiale de la société de l’information, célébrée le 17 mai de chaque année, l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a choisi, pour 2016, comme thème: « L’entreprenariat dans le secteur des TIC au service du progrès social».

L’entreprenariat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général de la collectivité. Quel que soit le statut juridique d’une entreprise qui opère dans  « l’entreprenariat social », son dirigeant fait de la rentabilité financière    non une fin en soi, mais surtout un moyen au service du  progrès social.  Ainsi, les outils classiques de gestion de projet et les principes entrepreneuriaux utilisés pour créer et gérer une entreprise deviennent des facteurs de réalisation de  l’amélioration sociale visée. Pendant que l’entrepreneur classique mesure sa performance dans la maximalisation du cash-flow dégagé, l’entrepreneur social, lui,  se concentre plutôt sur les retombées sociales de son projet. Et la finalité primordiale d’entreprendre pour l’un devient secondaire pour l’autre.

Beaucoup de prospectivistes prévoient que les technologies de l’information et de la communication (TIC) pourraient être à l’origine d’une nouvelle révolution industrielle. L’UIT, à travers le choix du thème de cette année, voit en cette raison et en cette tendance  l’occasion de  sensibiliser les décideurs sur l’importance de l‘entreprenariat social dans le secteur des TIC et des télécoms. Car elles prennent énormément de part  dans l’économie mondiale,  et leur place se voit de plus en plus croissante. En 2011, l’Union Européenne a ainsi consacré l’entrepreneuriat social comme l’un des axes de sa politique de croissance économique et de progrès social. Aujourd’hui, un peu partout dans le monde, on crée des organisations ou des ministères en charge de l’économie sociale et solidaire en reconnaissance du rôle à la fois économique et social de cet entrepreneuriat. A l’échelle mondiale, on a dénombré jusqu’en 2015,  63 réseaux d’entrepreneurs sociaux, y compris ceux opérant dans les TIC. Ce qui prouve bien l’ampleur du phénomène  et sa progressive montée en puissance dans le monde depuis les années 1980.

D’abord en Inde :

L’entreprenariat social, qui existait déjà, depuis 1980,  en Inde, a été reconnu comme thème important par le  Forum économique mondial de Davos(Suisse) depuis le début des années 2000. Et toujours en Inde,  nous rappelons que l’organisation Ashoka, créée dès 1980,  sans aucun but lucratif, joue un rôle dynamique et constitue aujourd’hui, à notre connaissance, le premier réseau mondial d’entrepreneurs sociaux. De 1980 à 2016, Ashoka a identifié et soutenu près de 3000 entrepreneurs sociaux dans tous les domaines y compris celui des TIC.

Ensuite en Afrique.

En Afrique justement, où l’opérateur télécom Orange a créé en 2011 « le Prix de l’Entrepreneur Social », dont le but est la promotion de  l’innovation sociale en faveur du développement, et ce, grâce notamment aux TIC. Chaque année trois projets, à fort impact sociétal et  visant l’amélioration les conditions de vie des populations sur le continent africain, à travers l’utilisation des TIC, sont récompensés à l’aide de cette initiative. L’opérateur français, également actionnaire de référence de Méditel marocain, a ainsi récompensé des lauréats, parmi plusieurs candidatures. Les trois premiers  gagnants du  Prix 2015 ont reçu des bourses dont les montants sont respectivement de 25.000, 15.000 et 10.000 euros ainsi que  six mois d’accompagnement par des experts. Orange finance aussi le dépôt d’un brevet pour le premier prix 2015.

Enfin Au Maroc.

Et au Maroc, des initiatives à caractère social se sont multipliées ces dernières années. Parmi ces projets, nous citerons notamment celui d’Enactus (www.enactus-morocco.org), qui depuis 2003, soutient plusieurs projets chaque année. La moyenne d’accompagnement annuelle est de 200 projets environ dont les thèmes portent sur le social et le développement durable. D’autres projets sont proposés par l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) et auxquels il faudrait rajouter, bien évidemment, ceux réalisés dans le cadre « du service universel télécom » en relation avec la loi 24-96 relative à la Poste et aux Télécoms. Les projets « service universel » sont lancés par l’ANRT, et réalisés par les opérateurs télécoms sous la supervision d’un comité de gestion crée par décret.

Dans le domaine du financement de ces projets, Crowfunding ou le financement dit participatif, reste une source alternative par rapport aux sources classiques publique et privée. Le Crowfunding d’un projet est assuré grâce aux récoltes de petites contributions monétaires chez un grand nombre de personnes, souvent via internet.

Dans son rapport annuel, l’institut de recherche « Massolution » révèle l’existence en 2015 de plus de 1250 plateformes de crowfunding dans le monde. Dans le même rapport de la même année, on évalue la progression exponentielle de l’évolution du marché mondial du crowfunding.  Cette progression a plus que doublé en un an, puisqu’elle est passée de 16.2 milliards en 2014 pour atteindre 34.4 milliards en 2015. Cependant, l’Afrique tarde à prendre de la place dans ce marché à visage sociétal pour trois raisons. D’abord, pour une raison purement technologique due à une présence relativement faible de l’internet et non encore aussi généralisée qu’ailleurs. Et puis, la deuxième est financière puisque le taux de bancarisation reste faible qu’ailleurs encore. Et enfin, l’absence de textes législatifs permettant l’encadrement du crowfunding, en fait la dernière raison juridique qui expliquerait le retard pris par l’Afrique dans ce domaine.

Pour conclure, on rappelle d’abord, les deux critères importants de réussite d’une entreprise sociale dans tous les domaines, y compris dans celui des TIC: en premier, bien identifier le besoin social que le projet souhaite atteindre, et ensuite, réussir l’étude de projet qui permette d’établir un modèle économique viable dans le temps et dans l’espace. Comme on a, généralement, tendance à négliger les principes de la gestion de projet au profit de la recherche des sources de  financement, l’entrepreneur social parfait et idéal est celui qui s’attelle à  la trilogie suivante :   reconnaître le besoin social,  lui associer le bon projet social et utiliser les principes entrepreneuriaux pour une meilleure réalisation du  changement social fixé préalablement. Ces principes doivent être respectés quel que soit le degré de richesse de l’entrepreneur social!

        Khaouja Ahmed Consultant TIC et Télécoms.

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