jeudi , 12 décembre 2019
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L’émergence d’une économie numérique en Afrique

L’émergence d’une économie numérique en Afrique

L’économie numérique, qu’on le veuille ou pas, est devenue aujourd’hui malgré nous un levier important de la croissance économique et de la compétitivité des pays. Les pays de notre continent  Africain n’échappent pas à cette évolution. Actuellement l’Afrique est le 2ème plus grand marché au Monde en termes de demande en technologie d’information et de communication.

Numérique ou digital c’est quoi?

 L’origine du mot numérique est plutôt technique. On a commencé à l’utiliser dans les écoles d’ingénieurs et dans l’industrie télécoms à partir des années 70. Le terme « numérique » signifiait à l’époque la transformation du signal analogique en une série de chiffres binaires en application du théorème mathématique dit de Shanoun. Le numérique est apparu ainsi comme une solution particulièrement prometteuse pour résoudre le problème de qualité de service dans les télécommunications et pour rapprocher les télécoms et l’informatique. Quant à la transformation digitale,  omniprésente dans notre quotidien est utilisée aujourd’hui comme un «Pass partout » pour définir un ensemble de domaine : e-marketing, droit numérique, e-commerce, les fintechs….

Pour ce qui est de la différence entre digital et numérique : en français, le digital à l’origine se rapporte à tout ce qui appartient au doigt, alors qu’en anglais « digit » signifie chiffre donc digital se rapporte à tout ce qui utilise des nombres. Sur cette base, le terme numérique est plus correct  que digital. Mais les entreprises en général ont commencé à utiliser l’anglicisme « digital » et le terme « numérique » de manière complémentaire pour désigner en fin de compte la même chose. Cependant si nous voulions être précis de digital est lié plus à l’aspect pratique, à l’expérience usager alors que le terme numérique est plus adéquat quand on se rapporte à l’industrie et aux désignations technologiques. On peut donc évoquer l’expérience digitale d’un site web tout en mentionnant qu’il gravite dans le domaine de l’industrie numérique.

Mais que c’est réellement une économie numérique ?

On entend souvent dire que les pays devront prendre le train de la transformation numérique, pourquoi donc ?  Et si cela en vaut vraiment la peine, quels en en sont les bénéfices?  Nous allons essayer de répondre aussi à ces questions dans ce qui suit.

Mettons-nous d’accord sur une définition claire de l’économie numérique pour savoir de quoi nous parlons au juste : L’économie numérique est l’ensemble des activités économiques et sociales en relation avec les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui  redéfinit nos façons de consommer, d’apprendre, de communiquer et de travailler.

Ces TIC sont utilisés grâce à des terminaux de traitement de l’information (Smartphones, ordinateurs, tablettes tactiles,), mais aussi à travers des équipements de l’électronique (Smart TV, consoles vidéo, objets connectés, robots). À ces équipements, sont associés: les logiciels informatiques, les plateformes numériques multi faces portées par les OTT (over the top services), les applications mobiles, les jeux vidéo, les téléchargements de contenu (livre numérique, musique vidéos). Le transport ou la télécommunication de ces produits numériques se fait sur la base d’une infrastructure numérique dont les composants, dits réseaux, se chevauchent et deviennent de plus en plus convergents. Ce soubassement numérique est composé de réseaux télécoms, de réseaux d’internet, de réseaux satellitaires, d’infrastructures data centres.

1aPar ailleurs, l’économie numérique englobe tous les secteurs de l’économie. On peut décomposer les acteurs numériques, en quatre:

1-le secteur des particuliers et des ménages,

2-le Secteur des producteurs (Opérateurs de Télécoms, Equipementiers Télécoms, …),

3-le secteur des acteurs de la  Nouvelle Economie qui consistent en les nouvelles entreprises dont le modèle d’affaire est basé sur l’internet et qui n’existeraient pas sans Internet  (OTT,  les plateformes e-Commerce, les services du Cloud…..)

4-le secteur des usagers : Banque, Assurance, Automobile, Aéronautique, Distribution, et administration public.

Le numérique a une valeur ajoutée relativement significative, selon les pays et régions. L’économie numérique a un effet direct du à l’accumulation du capital numérique. Il est lié à l’augmentation de l’investissement productif des entreprises, investissement dans les équipements et matériels numériques et dans les logiciels, utilisés dans les différents  processus. Aussi, elle a un effet indirect traduit par une amélioration de la productivité globale des facteurs permis par le déploiement des TIC.

Pour un pays en voie de développement, le numérique peut être une opportunité afin de se rattraper économiquement.  Le numérique peut, entre autres, aider l’état à maîtriser ses recettes et ses dépenses, rendre transparents les services aux citoyens et à l’Entreprise, dématérialiser et simplifier les procédures administratives, améliorer la productivité des services de l’Etat, améliorer la sécurité civile et militaire à travers l’analyse de données, la traçabilité, les caméras de surveillance, les drones et la robotique, développer la santé via  la télémédecine, développer l’éducation, améliorer la pédagogie et démocratiser les compétences générales et techniques de base en TIC, protéger l’environnement et maîtriser les consommations d’énergie.

Il est certain que le numérique nous conduira à une révolution technologique bousculant notre vision du monde de l’économie et notre façon de faire les choses au jour le jour. Ce n’est pas un simple passage ou l’usage d’une technologie moderne, il constitue plutôt une mutation des états d’esprit, une évolution culturelle et presque un changement de civilisation. C’est la raison pour laquelle quand on parle du processus de numérisation d’un pays ou d’une entreprise, on parle de transformation, d’où vient l’expression « transformation » numérique ou digital.

L’économie numérique croit plus vite que l’économie classique. L’internet qui permettra entre autres à l’Afrique l’accès aux marchés internationaux va contribuer entre 5 % et 6 % d’ici 2025 à l’économie africaine. En Afrique, l’économie numérique est en pleine croissance.  L’Afrique c’est aussi le 2èmes plus grand marché au Monde en termes de demande en technologie d’information et de communication. Elle est caractérisée par 350 millions d’utilisateurs smartphones en Afrique en 2017. La clientèle des jeux et applications compte 400 millions d’utilisateurs et pays africains sont équipés avec le réseau 4G. Les ventes en ligne réalisées sur le continent atteindraient 650 milliards de dollars à fin  2018.  Il s’avère que l’adoption d’internet progresse en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne, où la proportion d’usagers individuels est passée de 7 pourcent en 2010 à 35 pourcent en 2017. Mais l’internet n’est pas encore accessible pour plusieurs africains, et la confiance numérique est à construire à l’instar de ce qui se fait actuellement en Europe. Des efforts sont aussi à déployer pour assurer  les compétences TIC et numérique.

Il ressort du bulletin d’information économique des pays d’Afrique du Nord et Mena, de la Banque Mondiale, d’octobre 2018 consacré à la nouvelle économie ce qui suit: On a au niveau de ces pays, une jeunesse instruite, hyper connectée et qui a déjà apprivoisé les nouvelles technologies numériques et en plus des acteurs très dynamiques dans le domaine des nouvelles technologies. Mais pour passer vers une utilisation de cette technologie numérique à des fins productives et créatrice de vrais entrepreneurs, on doit créer des conditions nécessaires à cet effet:

1-Encourager les innovations et l’esprit d’entreprise en la matière en visant particulièrement les plus jeunes dans un premier temps. Les jeunes  auront ainsi plus de chances d’éviter à terme l’exclusion économique.

2-Promouvoir la formation depuis l’enseignement dédiés aux compétences générales et d’usages TIC, en passant par l’éducation universitaire des ingénieurs en numériques et la formation continue des professionnels IT.

3-Transformer l’administration et Moderniser les plateformes IT de l’état à travers un plan d’action global afin de démocratiser l’accès à l’information, et rendre les services au citoyen et à l’entreprise plus simple, plus transparents et plus rapide.

4- Continuer l’effort d’équipement en très haut débit en consolidant davantage la concurrence entre les opérateurs télécoms tout en visant la réduction de la fracture numérique par notamment le biais du fond du service universel.

5-Entamer un cadre réglementaire numérique qui promeut la confiance numérique (la protection des données personnelles, la signature électronique, et la cyber sécurité).

Cette analyse qui est valable aussi à toute l’Afrique suscite des débats intéressants sur notre continent notamment par rapport à la problématique de l’emploi. En relation avec les impacts du numérique sur les emplois, plusieurs études ont été réalisées dont celle de plusieurs experts invités par Dell et publiée en 2017 qui affirme que 85% des emplois de 2030 n’existe pas aujourd’hui. D’autres études montrent lorsqu’une délocalisation permet d’économiser jusqu’à 65% sur le coût du travail, une robotisation va réduire ce coût de 90%.  Comme on ne peut pas arrêter le progrès technologique, des solutions sont proposées pour réduire l’impact technologique sur l’emploi. Certaines politiques commencent à réfléchir à l’instauration d’un revenu universel aux citoyens. D’autres proposent par exemple d’assujettir par exemple les robots aux charges sociales de manière proportionnée au nombre d’emplois salariés remplacés! Si les robots semblent remplacer les qualifications classiques, les systèmes à base de l’intelligence artificielle, semblent attaquer les métiers, dits supérieurs, comme ceux des médecins ou des avocats.

Etant donné que le numérique constitue un nouveau paradigme qui impacte toutes les activités en Afrique aussi, il est important de veiller au renforcement du niveau de la culture en numérique de nos élus africains et aussi de nos jeunes. Comprendre ces révolutions technologiques est une nécessité et ce afin de mieux les apprivoiser ou afin de mieux les contrer ! L’Afrique ne doit pas rater le train de cette nouvelle révolution du numérique. Ensuite, il est important de promouvoir les applications du numérique dans des centres d’incubation dédiés. L’Afrique a réussi dans la monnaie mobile. Modèle qui est en train d’être émulé avec des améliorations dans les autres continents. Aussi, le temps est venu pour revoir les programmes scolaires en pensant à initier nos jeunes dès le primaire à la programmation informatique pour accompagner les 300 milliards de dollars d’investissements prévus dans les nouvelles technologies numériques dans les dix ans à venir dans notre continent comme l’a affirmé M. Hamadoun Touré le Directeur Général de Smart Africa au Forum d’Abidjan le 20 avril 2018.

Mais la transformation numérique nécessite une stratégie!

Une transformation numérique réussie nécessite une vision et une bonne stratégie avec des préalables en amont et des actions pendant et après. Tout d’abord elle exige une vision claire, qui doit être insufflée de manière concrète et récurrente à l’ensemble des acteurs concernés afin de leur donner une idée précise sur ce projet d’envergure de transformation, de les aider à assimiler son enjeu et sa valeur ajoutée, et de les motiver pour se préparer à faire face à ce nouveau paradigme.  En outre,  cette vision doit être accompagnée par une stratégie, traduite à travers un plan d’actions. Aussi, le temps, le budget et les ressources humaines suffisantes pour un tel projet devront être bien planifiés. D’ailleurs, la transformation numérique exige la redéfinition du rôle de chacun. Elle demande un travail collaboratif, centré sur l’humain, basé sur l’innovation et l’effort de tous. Pour surmonter la résistance des personnes à ce changement majeur et rendre cette transition lucide, des motivations, formations et développements spécifiques avant et pendant cette phase devront être prévus. Cet accompagnement pourrait être dédié pour chaque type d’acteurs: coaching  sur le « change management » ou la conduite du changement, formations sur la gestion de ce projet d’envergure. D’ailleurs les bonnes pratiques que nous venons de citer afin de réussir la transformation numérique sont appuyées par les 5 piliers génériques pour le succès du changement qui sont développé dans le modèle Knoster cité dans le guide de la transformation digitale dont les références sont mentionnées ci-après.  Il s’agit de la vision, des compétences, de la motivation, des ressources, et d’un plan d’action. Dans ce modèle Knoster on voit bien les conséquences quand on néglige un aspect du changement pour aller  vers une meilleure transformation digitale.

 statinessmatechnuemrique

Par Ahmed Khaouja Directeur de PTT Maroc.

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