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Le 21 avril 2013, Feu Abderrazzak Berrada nous quittait: hommage à titre posthume à ce grand personnage

Le 21 avril 2013, Feu Abderrazzak Berrada nous quittait: hommage à titre posthume à ce grand personnage

Feu Abderrazzak Berrada (1933-2013), fut l’un des grands ingénieurs marocains et fins connaisseurs mondialement connu dans le domaine des fréquences et des radiocommunications. Il a travaillé à l’Union Internationale des télécoms (UIT) de 1967 à 2002. Il parlait couramment quatre langues (le français, l’anglais, l’arabe et l’espagnole). Il a présidé de nombreuses réunions à haut niveau à l’UIT en pleine guerre froide entre l’Occident et le boc de l’URSS. Il a aussi occupé plusieurs responsabilités au sein de cette organisation internationale.

Suite à son décès, l’UIT a écrit sur son site « M. Berrada figure marquante de l’UIT où il exerçait une influence considérable sur les décisions de l’UIT», voir le lien de ce message sur le site de l’UIT: https://itunews.itu.int/Fr/4467-Hommage-a-Abderrazak-Berrada.note.aspx.

Dès son décès le Maroc a reçu les condoléances de plusieurs pays dont ceux du gouvernement japonais. Je me rappelle très bien, en tant directeur à l’Agence Nationale de Réglementation des Télécoms, (ANRT) quand j’ai reçu les condoléances du gouvernement japonais je les ai utilisé pour motiver une journaliste afin d’insérer l’avis nécrologique dans un organe de presse!

Feu Abderrazzak Berrada Allah Arahmou est né le 23 octobre 1933 et il était lauréat de  l’Ecole supérieure d’électricité (ESE) de Paris, promotion de 1953. A sa sortie de cette école et avant de rejoindre le Maroc au moment de son indépendance, il a travaillé à Paris dans l’équipe du prix Nobel de physique feu Marie Curie. Mais aussitôt après, il a compris qu’il fallait regagner son pays. Il fut le premier ingénieur en chef à la radiodiffusion marocaine.

Selon l’un de ses grands amis, Si Mohamed El Aoud, Feu Abderrazzak Berrada s’était distingué juste au moment de l’indépendance par sa grande compétence dans le domaine des radiocommunications. Compétence qui lui a valu, entre autres, d’assurer le rétablissement dans les meilleurs délais de l’émetteur radio de Sbai Aioun, situé non loin de la ville de Meknès, et ce suite une grande panne qui s’était déclenchée dans cette station.

Suite à ce rétablissement, Feu Abdallah Ibrahim avait suggéré au ministre des PTT de l’époque, Si Mohammed Cherkaoui, de nommer Feu Abderrazzak Berrada au poste de Secrétaire Général du ministère des PTT.

Pour mémoire, Feu Abdallah Ibrahim était à l’époque Secrétaire d’Etat à l’Information, dans le deuxième gouvernement du feu Bekkai, au lendemain de l’indépendance du Maroc.

Ainsi Feu Abderrazzak Berrada fut le premier Marocain à accéder au poste de Secrétaire Général du ministère des PTT et ce, jusqu’en 1966.

En 1967 il rejoint l’UIT où il fut successivement président du comité des fréquences. Il exerça différents mandats de 1967 à 1989 à l’IFRB (International frequency register board) dont il assura la présidence en 1968, 1971, 1975, 1980 et 1989. Il a aussi exercé plusieurs fonctions et missions à l’UIT. A la Conférence des plénipotentiaires de Minneapolis (USA) en 1998, il avait brillamment assuré la présidence de la Commission 6, chargée d’examiner les propositions d’amendement de la Constitution et de la Convention de l’UIT.

En 2002, il avait présidé le groupe des experts pour la réforme de l’UIT à la conférence plénipotentiaire de Marrakech. Il était généreux sur le plan du partage des connaissances. Il n’hésitait pas à donner ses conseils aux membres de l’UIT dont le Maroc. Personnellement, je l’ai connu pour la première fois lors des réunions de l’UIT début des années 80.

En 1996 en tant que Secrétaire Général de l’Association des ingénieurs télécoms marocains (ANIT), je l’avais invité à Casablanca pour exposer aux ingénieurs télécoms marocains les enjeux de la réforme des télécoms, à la veille du lancement du processus de libéralisation du secteur au Maroc.

Feu Berrada à gauche, Si Med El Aoud au milieu et moi-même à droite en 1996 à Casablanca.

Une fois que j’étais nommé directeur à l’ANRT en 1998 et sur ordre du Directeur Général de cette Agence à l’époque, je lui demandais souvent conseils sur  certaines questions pertinentes. Il n’hésitait jamais à m’accorder du temps pour m’expliquer ce qu’il convenait de faire sans aucune contrepartie. Mieux encore, même souvent, quand je l’invitais au Maroc pour raison de travail, il refusait qu’on lui paye les billets d’avion ou qu’on prenne en charge ses frais de séjour!

A partir de 2008 et suite à sa maladie, il était obligé de se reposer chez lui au quartier les Orangers à Rabat, où je lui rendais souvent visite pour parler de l’histoire du Maroc et non des télécoms. Il avait en effet décidé de se couper du monde des télécoms dès 2008 et avait même entamé un travail sur l’histoire du Maroc. Sincèrement, quand il me parlait de l’intérêt qu’il portait pour l’histoire, je n’avais nullement pensé un instant que cet intérêt allait aboutir à la rédaction d’un livre que Feu Berrada avait publié juste avant sa mort et qui était intitulé « la bataille d’Isly qui n’a pas eu lieu», voir lien : « http://117021023486307409559.blogspot.com/2012/12/isly-1844-la-bataille-qui-na-pas-eu-lieu_20.html?m=1».

Feu Abderrazak BERRADA, Allah Yrahmou, a rendu l’âme après une vie bien remplie, mais il continuera à vivre dans notre mémoire collective.

(*): Par Ahmed Khaouja, Expert de l’UIT depuis 2015, Signataire de la convention de l’UIT de Nairobi 1982 et vice-président du Groupe consultatif pour le développement des télécoms à l’UIT de 2006 à 2010

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